Dimanche 8 avril 2012. Souvenez vous, c’était il y a un an.
Souvenez vous c'était il y a un an du 6. Papa sortait en pleur du tribunal. J'avais jamais vu papa pleurer, même pas aux enterrements. Il perdait tout ce pour quoi il s'était battu jusque là : sa passion. Maman le serrait contre elle, tentant en vain de le rassurer, la boule dans la gorge, les jambes flageolantes. Derrière eux, à quelques mètres, la vendeuse me serrait la main, me rassurant, papa allait bien, tout irait mieux. C'était pas vrai. Un an s'est écoulé. L'argent ne rentre pas. On empreinte, on rembourse, on se débrouille. Je me débrouille toute seule, mes parents ne me donnent rien, que pourraient-ils me donner ? Quand je rentre le week end, les placards sont vides, et le frangin prend pas un gramme. Un an s'est écoulé. Papa à trouvé du boulot le lendemain de la liquidation, chez un barge où il est resté 9 mois. J'ai vu mon père régresser et j'ai bien cru qu'il allait déprimer. J'ai eu très peur. Certains mois, il n'avait pas son salaire, on lui donnait un peu de liquide, histoire de... Puis, manque de quoi le payer, ils l'ont renvoyé et j'ai vu mon père vivre de nouveau. Il a trouvé un autre poste, beaucoup mieux, son idéal, au mois de février, après s'être autorisée deux semaines de vacances, pauvres hommes qui n'en avaient pas eu depuis plusieurs années. Maman a voulu changer de vie. Après avoir faillit mourir au mois de juillet, elle a proposé diverses formation à pôle emploi, celle qu'elle fait se termine la semaine prochaine, croisons les doigts. Bichou continu sa vie, a 15 ans à peine il ne tarde pas à fêter ses un an passé près de sa jolie blonde, mon petit frère. Lui aussi a passé de moments difficiles, la boulangerie c'était toute sa vie, il y était vraiment né, et il y pense encore, mais les jours passent et on fait avec, comme si tout avait toujours été comme ça. On entend encore parlé des dettes, la voiture de fonction n'est partie qu'au mois de Novembre, après avoir pourrie dans le jardin pendant plus de 6 mois. Les impôts nous taxes encore de l'argent sur une boulangerie qu'on ne tient plus. Puis moi... Moi, j'ai eu 18 ans, mon bac, mon permis, ma voiture, et ça m'a aidé, un temps, à tenir le cap. La liquidation était ma délivrance, c'était tout ce que j'attendais depuis des années. J'ai été voir les repreuneurs, sans dire qui j'étais, juste pour observer leurs changements, c'était plus chez moi, ça faisait mal au coeur. Ma délivrance a tourné au cauchemar. J'avais pensé que la fac serait plus facile financièrement. J'attendais plus de mes parents. Mais ils ne peuvent pas. Alors j'ai regretté. J'ai plus révisé mes comptes que mes cours, et j'ai pas eu mon semestre. Alors j'ai déprimé, séché les cours, laissé aller, télé, dodo... Mais moi aussi je tient bon avec ma douce, elle fut ma béquille dans cette épreuve et j'en sors grandit. La boulangerie m'a manqué. Je l'avoue. Voir mes parents tous les jours, trainer entre ces murs moisies, voir mon père heureux, mon frère dans son éléments, ma mère agréable. Papa et maman ont traversés une phase désagréable, j'ai bien cru que tout allait explosé. Mais s'est passé. Tout est passé. On se tourne désormais vers le futur, en esperant que tout ailles mieux. Mais tout ne nous sourit pas. On nous taxes du fric, je ne serais pas boursière l'année prochaine, je ne trouve pas de boulot saisonnier, et les études tremblotes. Je ne sais pas de quoi sera fait mon avenir. Mais tant que j'aurai ce sur quoi je repose, je tiendrai bon. La liquidation ne fut pas une épreuve facile. J'ai baigné dans un lot de sanglot dans lequel j'étais la seule heureuse, puis j'ai plongé avec les autres. On se relève tous, doucement, en gardant quelques mimiques. Il m'est parfois difficile de ne pas dire " mes parents sont boulangers", mais " papa travail dans une boulangerie et maman est en formation". Il m'est parfois difficile de trouver la lumière des toilettes à droite alors qu'elle était a gauche auparavant. Il m'est parfois difficile de savoir où est chez moi : la boulange, la maison, mon appart', celui de ma douce. Je zigzag un peu partout et je verrais.
Voilà bientôt un an que mon bonheur c'est cette demoiselle qui le fait, qu'elle embellit mes journées et qu'elle me sert parfois de béquille. C'est vrai que l'avenir n'aurait pas été aussi facilement envisageable sans elle, et je l'en remercie de cette facilité avec laquelle elle me laisse l'aimer.
Je tiens à préciser que je n'ai pas relu le texte que je viens d'écrire. Je le ferai peut être un jour, demain, dans un mois ou l'année prochaine. C'est davantage la mise au point de l'année qui vient de s'écouler qu'un reel besoin d'écrire. Je ne sais pas où ils passent mes besoins, dans mes cours et mes fiches sans aucun doute. Pardon de mon absence. Merci de votre présence.