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Dimanche 8 avril 2012. Souvenez vous, c’était il y a un an.

7 avril 2012
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Souvenez vous c'était il y a un an du 6. Papa sortait en pleur du tribunal. J'avais jamais vu papa pleurer, même pas aux enterrements. Il perdait tout ce pour quoi il s'était battu jusque là : sa passion. Maman le serrait contre elle, tentant en vain de le rassurer, la boule dans la gorge, les jambes flageolantes. Derrière eux, à quelques mètres, la vendeuse me serrait la main, me rassurant, papa allait bien, tout irait mieux. C'était pas vrai. Un an s'est écoulé. L'argent ne rentre pas. On empreinte, on rembourse, on se débrouille. Je me débrouille toute seule, mes parents ne me donnent rien, que pourraient-ils me donner ? Quand je rentre le week end, les placards sont vides, et le frangin prend pas un gramme. Un an s'est écoulé. Papa à trouvé du boulot le lendemain de la liquidation, chez un barge où il est resté 9 mois. J'ai vu mon père régresser et j'ai bien cru qu'il allait déprimer. J'ai eu très peur. Certains mois, il n'avait pas son salaire, on lui donnait un peu de liquide, histoire de... Puis, manque de quoi le payer, ils l'ont renvoyé et j'ai vu mon père vivre de nouveau. Il a trouvé un autre poste, beaucoup mieux, son idéal, au mois de février, après s'être autorisée deux semaines de vacances, pauvres hommes qui n'en avaient pas eu depuis plusieurs années. Maman a voulu changer de vie. Après avoir faillit mourir au mois de juillet, elle a proposé diverses formation à pôle emploi, celle qu'elle fait se termine la semaine prochaine, croisons les doigts. Bichou continu sa vie, a 15 ans à peine il ne tarde pas à fêter ses un an passé près de sa jolie blonde, mon petit frère. Lui aussi a passé de moments difficiles, la boulangerie c'était toute sa vie, il y était vraiment né, et il y pense encore, mais les jours passent et on fait avec, comme si tout avait toujours été comme ça. On entend encore parlé des dettes, la voiture de fonction n'est partie qu'au mois de Novembre, après avoir pourrie dans le jardin pendant plus de 6 mois. Les impôts nous taxes encore de l'argent sur une boulangerie qu'on ne tient plus. Puis moi... Moi, j'ai eu 18 ans, mon bac, mon permis, ma voiture, et ça m'a aidé, un temps, à tenir le cap. La liquidation était ma délivrance, c'était tout ce que j'attendais depuis des années. J'ai été voir les repreuneurs, sans dire qui j'étais, juste pour observer leurs changements, c'était plus chez moi, ça faisait mal au coeur. Ma délivrance a tourné au cauchemar. J'avais pensé que la fac serait plus facile financièrement. J'attendais plus de mes parents. Mais ils ne peuvent pas. Alors j'ai regretté. J'ai plus révisé mes comptes que mes cours, et j'ai pas eu mon semestre. Alors j'ai déprimé, séché les cours, laissé aller, télé, dodo... Mais moi aussi je tient bon avec ma douce, elle fut ma béquille dans cette épreuve et j'en sors grandit. La boulangerie m'a manqué. Je l'avoue. Voir mes parents tous les jours, trainer entre ces murs moisies, voir mon père heureux, mon frère dans son éléments, ma mère agréable. Papa et maman ont traversés une phase désagréable, j'ai bien cru que tout allait explosé. Mais s'est passé. Tout est passé. On se tourne désormais vers le futur, en esperant que tout ailles mieux. Mais tout ne nous sourit pas. On nous taxes du fric, je ne serais pas boursière l'année prochaine, je ne trouve pas de boulot saisonnier, et les études tremblotes. Je ne sais pas de quoi sera fait mon avenir. Mais tant que j'aurai ce sur quoi je repose, je tiendrai bon. La liquidation ne fut pas une épreuve facile. J'ai baigné dans un lot de sanglot dans lequel j'étais la seule heureuse, puis j'ai plongé avec les autres. On se relève tous, doucement, en gardant quelques mimiques. Il m'est parfois difficile de ne pas dire " mes parents sont boulangers", mais " papa travail dans une boulangerie et maman est en formation". Il m'est parfois difficile de trouver la lumière des toilettes à droite alors qu'elle était a gauche auparavant. Il m'est parfois difficile de savoir où est chez moi : la boulange, la maison, mon appart', celui de ma douce. Je zigzag un peu partout et je verrais.

Voilà bientôt un an que mon bonheur c'est cette demoiselle qui le fait, qu'elle embellit mes journées et qu'elle me sert parfois de béquille. C'est vrai que l'avenir n'aurait pas été aussi facilement envisageable sans elle, et je l'en remercie de cette facilité avec laquelle elle me laisse l'aimer.

Je tiens à préciser que je n'ai pas relu le texte que je viens d'écrire. Je le ferai peut être un jour, demain, dans un mois ou l'année prochaine. C'est davantage la mise au point de l'année qui vient de s'écouler qu'un reel besoin d'écrire. Je ne sais pas où ils passent mes besoins, dans mes cours et mes fiches sans aucun doute. Pardon de mon absence. Merci de votre présence.

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Jeudi 2 février 2012. Jadis ( suite ).

2 février 2012
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"Y'a plein de chose dans ma tête"

J'avais un ensemble vert pomme que j'affectionnais beaucoup, sans doute plus parce que j'aimais plaire à ma mère et être la plus parfaite des petites filles et qu'elle aimait cet ensemble que parce que je l'aimais vraiment. C'était un après midi de fin d'année, courant mai sans doute, ou juin, puisque le soleil cognait et que les manches courtes de mon ensemble, par dessus lequel aucune veste ou aucun mentaux ne s'étaient posés, laissait caresser mes bras de sa chaleur. C'était la fin de la récréation de l'après midi, dans la même école primaire que celle précédemment citée. Je devais être en CM1 ou en CM2...  C'est étrange, alors que j'ai été dans cinq ou six écoles primaires, je ne me souviens de souvenirs traumatisants que dans mes dernières années, lorsque je suis arrivée dans le coin. C'était une école privée de tout ce qu'il y a de respectable, j'avais atterrit ici après l'échec scolaire de mon jeune frère, en CP, que son institutrice, au bord de la retraire, enfermait dans des placards. Il est vrai que l'on doit beaucoup à cette école privée, et surtout à ces jeunes institutrices amoureuses de leur travail, d'avoir tirées mon frère vers le haut et d'être restées, avec lui, bucher les bases avec lesquelles il avait quelques difficultés. Les mains de mon institutrice avaient claquées l'une contre l'autre pour annoncer la fin de cette récréation, que je trouvais toujours particulièrement longues quand arrivait le soleil, et je m'étais levée de mon bureau sous le préau pour rejoindre le mur contre lequel nous devions nous ranger avant de retourner en classe. Les gamins étaient euphoriques, bruyants et agités. Derrière moi se trouvait les mêmes jeunes hommes cités précédemment mais je ne me souviens plus exactement lesquels, il n'empêche que mon ensemble vert pomme se retrouvait tachés de point bleu obscurs, ainsi qu'une partie de mon bras nu. Morgane, qui était l'une de mes camarades naïves m'en avertie et me proposa de les effacer avec son stylo effaceur en voyant ma mine peinée. J'étais intérieurement très en colère et je me souviens avoir eu envie de leur sauter dessus et de leur faire avaler leur cartouche d'encre mais j'intériorisai une fois de plus, retînt mes larmes et monta en classe. Une fois en haut, alors que l'institutrice disputait les imbéciles qui n'écoutaient pas un mot de ce qu'elle leur disait, quelques un de mes camarades s'affairaient à effacer ces tâches d'encres afin qu'elles deviennent des tâches jaunâtre que l'on eut jamais. Ce fut la dernière fois que je mis ces fringues, et cet épisode marqua sans doute un départ dans le port du noir, qui plus tard entraînera des moqueries parce que je suis constamment en deuil, ou, simplement, gothique.

"Y'a plein de choses dans ma tête"

C'est ce que j'ai dit en pleurant alors que mon amie et moi même nous endormions. Elle me sentait lointaine et s'obstinait à me dire qu'elle était là pour moi. Tous ces souvenirs traumatisants de mon enfance remontent depuis quelques mois. Et l'affaire de loi concernant le harcèlement à l'école n'y a rien arrangé. La fac non plus. Il est bien trop tard pour une loi. Les institutrices & instituteurs ne sauront jamais discerner quels évènements seront du harcèlement puisque, si je me base sur ce que j'ai vécu étant plus jeune, c'est une accumulation qui fît qu'aujourd'hui je suis devenue celle que je suis. C'est à dire un être sujet au grignotage et adepte du chocolat, qui repousse systématiquement bars, boites, anniversaires, soirées, lieux inconnus, centre ville, soldes...  C'est à dire, aussi, un être vivant craignant sans arrêt la méchanceté des gens, et sans doute un peu paranoïaque.
Ca revient me hanter, c'est cauchemardesque, jusque dans mes rêves, je vois ces gamins, je revois leurs visages, du CE2 à la terminale et même ceux d'aujourd'hui, je les revois tous riant aux éclats, se moquant de celles que je suis devenue par leurs fautes.
Il me fait un peu rire ce projet de loi, puisqu'il est trop tard. Je ne suis pas d'accord avec les gens qui disent "Les enfants ne sont pas tendres entre eux", puisqu'un enfant de cet âge là, si on ne lui montre pas que la méchanceté existe, il ne l'apprendra pas. Un enfant de cet âge là reproduit ce que ses parents disent et font. Alors un con engendre un con qui engendra des cons. Les cons qui ont emmerdés, vous m'excuserez ce vocabulaire, mes parents il y a une trentaine d'années, on fait des cons qui m'ont emmerdés, qui feront des cons qui emmerderont mes enfants. C'est la loi de la nature non ? Que les gros mangent les petits ? Que les cons hantent les naïfs ?

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Lundi 2 janvier 2012. Jadis.

5 janvier 2012
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La première fois que c'est arrivé, c'était en CM2.
J'étais la nouvelle venue d'une classe d'une trentaine d'élève, ce devait être vers la moitié de l'année, je ne m'étais faite que deux, trois amies, qui n'iraient pas dans le même collège que moi et qui ne me « servait » qu'à ne pas paraître toujours seule. Je passais tout de même la quasi-totalité de mes récréations assise à un vieux bureau sous le préau, et n'y bougeais pas, même si les institutrices de l'école primaire privée dans laquelle mes parents m'avaient mise à cause de l'échec scolaire du frangin, insistait pour que je me fasse davantage d'amis. Toutes les personnes que j'avais côtoyer dans cette école m'avait paru puériles et immature malgré leur dizaine d'années. Ils jouaient aux maman-papa, a cache cache, et au foot mais leur jeu favoris c'était de se marier, et jamais je ne compris pourquoi puisque cela suffisait à mettre deux trois feuilles dans les cheveux de la jeune fille et à se tenir par la main avec des garçons puis de faire semblant d'être amoureux et heureux. Les CM1 aimaient plus que tout la balle au mur et choisissait les personnes qu'ils considéraient inutiles et moches pour cible, j'y étais souvent. C'est collé à ce mur en attendant vainement la fin de la récréation que j'ai commencé à détester les gens. C'est quelque part dans ces années là que j'ai commencé à les craindre. Quand je me suis mise à entendre leur rire et chuchotement derrière moi dans les files. Quand j'étais seule dans les rangés deux par deux parce que, sans doute, n'étais je pas assez bien, ou trop bizarre pour eux...
J'aurai bien du mal à vous redonner les noms de mes camarades, je ne me souviens que d'une poignée, les plus marquant sans doute. Il y avait Tangui, le beau ténébreux dont toutes les filles devaient être amoureuses. Je ne dis pas qu'elles l'étaient toutes, mais qu'elles devaient toutes l'être puisque moi même je fis semblant d'être folle de lui, sachant pertinemment que ce n'était pas vrai et que rien ne pourrait ce passé avec le jeune homme, parce que comme tout le monde le sais, les beaux gosses des bacs à sable ne tombent pas amoureux des petites filles disgracieuses. Il y avait Mathilde C. une petite riquiqui minuscule demoiselle qui était la femme et maman auprès de son beau et grand mari précédemment cité. C'est elle aussi qui, pour imagé, représentait la peste des films américains. Toujours première dans les moqueries en tout genre. Son amie Mathilde LB, la soumise de la peste, toujours muette et bien obéissante. On voyait sur elle que, comme moi sans doute, c'était sa chère maman qui l'habillait, car ses fringues étaient toujours des plus implacable et sa coupe de cheveux irréprochable, rien chez cette gamine ne dépassait. Puis, dans le groupe populaire, le dernier de la bande était Florian, le jeune crado, qui était aussi mon voisin de classe. Celui la même qui glissait sa main dans son pantalon pendant les cours, qui sait pourquoi. Dans le groupe des rejetés évidemment il y avait moi et certaines des jeunes camarades que je considérais comme des « amies », entre guillemets puisque je n'en avais pas le choix. Il y avait Morgane, grande, fine et tressées d'une longue et fine tresse. Magalie, une CM1 un peu cas social, qui vivait dans un logement de la mairie nauséabond et sombre qui sentait l'alcool. Puis il y avait Julie, il fallait bien une menteuse manipulatrice et ce fut elle mais on ne la voyait pas souvent puisque ces absences se comptaient par centaines. Mais dans la classe il y a aussi ceux qu'on oublie. Dans ceux là je ne me souviens qu'un nom Thibault.
Si je me souviens de Thibault c'est parce que c'est sa mère qui faisait les costumes de Kermesse qui, cette année là, étaient des top qui ne cachaient que nos poitrines ( pour nous les filles ) qui pour ma part était déjà développée puisque en CM2 je faisais un 90 A. Cependant nous n'avions, Magalie et moi même, pas eu le droit de porté ses top, sous prétexte que puisque nous étions ronde nous allions nous moqué de nous. Je crois que d'entendre ça de la bouche d'une adulte, c'est pire que de celle d'un camarade. En bref Thibault était ingrat, sans intérêt. Mais il était vicieux.
Cette année là pour la première fois, je m'en suis souvenue récemment, il fit quelque chose d'étrange. Un matin, fidèle à son habitude, il alla pleurer dans le pantalon de la maîtresse, criant au vol de l'un de ses plus beaux stylos. Cette dernière nous fîmes vider nos casiers menaçant que le voleur serait puni. Je fis comme les autres et prouva mon innocence puisque ce casier était vide. Ce n'est que quelque jours plus tard que je ne découvrit le crayon dans mon casier, crayon que je m'empressais discrètement d'aller déposer dans « la boite à crayon trouvé ».

La seconde fois que ça se produisit ce fut en sixième. L'année suivante, donc, la même scène se produisit. La même garçonnet alla pleurer dans les jupes d'une professeur d'anglais exécrable. Je prouva une fois de plus que je n'étais pas le voleur mais trouva le crayon dans mon casier quelques jours après.

Ce que je me demande, aujourd'hui, c'est ce que cherchait le minet en tentant de me faire accuser de vol.

C'est sans doute comme ça que j'ai commencé à craindre tout individu appartenant à la race humain. Aujourd'hui, si je ne fais plus confiance à grand monde et que je dois me forcer pour sortir c'est sans doute à cause des crachas, des insultes, des chuchotements et des rires qui m'ont littéralement glissés dans le dos lorsque je n'étais encore qu'une enfant joyeuse et naïve.

Je souhaite tout de même plein de belle choses pour l'année 2012 qui débute, à toute personnes à part et/ou compréhensive qui passerai par ici.

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Samedi 24 décembre 2011. J’aime pas Noël.

24 décembre 2011
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J'ai pas le souvenir d'avoir souvent fêter Noël de la même manière que mes amies me disent l'avoir fêté. Avec des lettres aux pères noel, des chaussures au pied du sapin, des bougies, de la musique, de la féerie.
J'avais pas toujours de sapin, c'était le même tous les ans, au début il était neuf et beau mais au bout de quelques années ses épines en plastiques l'avaient déshabiller pour laisser une carcasse qu'on décorait de guirlandes oranges et de boules couleur or. Puis, depuis que mon frère connait la non-existence du père Noel ( c'est à dire une dizaine d'année ), plus aucun sapin n'est venu décorer notre maison.
J'ai pas le souvenir d'avoir vu mes parents me regarder ouvrir mes cadeaux, souvent, impatiente de déchirer la papier cadeau, ils étaient ouvert avant la fermeture de la boulangerie. J'ai pas non plus le souvenir d'avoir eu, chaque année, des cadeaux à me plaire, ayant davantage de présents qui était loin d'être de ce j'avais imaginé. Par exemple, il y a quelques années, je désirai plus que tout le CD-rom des Sims, allant jusqu'à bassiner mes parents pour l'avoir pour Noël. Le 25 décembre arriva et ce que je découvrit dans l'emballage n'était pas le jeu vidéo, mais un épilateur éléctrique. Alors, évidemment, les Sims m'auraient lassé très vite mais n'ayant jamais utilisé l'épilateur ( plus effrayant et bruyant qu'attrayant ), je pense que le résultat fut été le même.
J'ai pas le souvenir non plus d'avoir écrit au père Noël, j'ai le souvenir d'avoir forcé mon frère à le faire, et d'avoir glissé le courrier dans une belle enveloppe bleu avant d'y inscrire l'adresse fictive de la star du mois de décembre. Mais pour alors je ne croyais déjà plus en lui, ni en la magie de noel.
Dans les albums photos qui trainent chez moi, des photos sur Noel il y a en a peu. Ce qui indique qu'effectivement mes parents n'ont pas souvent vu nos visages lors de la découverte de nos cadeaux. Et même lorsqu'il m'offrait ce que j'aurai voulu, ça ne se passait pas comme il fallait que ça se passe. Petite, j'avais bassinée mes parents pendant des mois avec le superbe camping car barbie que je voulais absolument. La veille de Noel mon oncle vint aider mes parents au magasin et lorsqu'il me demanda ce que j'aurai pour les fêtes, je lui répondu qu'évidemment j'aurai la petite camionnette rose. Maman lui a filé un chèque, m'ayant acheté une dinette qui, à l'époque, lui avait couté une fortune, et ayant peur de me décevoir, mon oncle dû filer m'acheter mon cadeau expliquant tout de même à ma mère que j'étais une salle gosse pourrie gâtée. Le lendemain, je m'empressais d'ouvrir mes cadeaux, découvrant émerveillée le jouet que j'avais tant désirée. Et je pense a présent a tous ces enfants, qui, comme moi, ont eu des parents boulangers qui travaillaient toujours quand on avait besoin d'eux, et aux siestes tous les après midi où il était interdit de bouger, de pleurer, de parler, de faire quelques bruit que ce soit, en bref, à ces siestes qui ont ruinées toutes mes après midi depuis ma plus tendre enfance. Évidemment, le    matin de Noel étant difficile, il était obligé que mes parents, l'après midi qui suivait la découverte de mes jouets, aillent se reposer, m'expliquant gentillement qu'on monterai les petites pièces du camping car à leur réveil. Je n'ai pas su attendre et ai réduit mon jouet en mille morceaux en voulant construire moi même ce qu'il y avait à construire. En revanche, ma dinette, elle, a vécu jusqu'à longtemps après et fut un super jouet.
Cette année je n'aurai pas de cadeau, manque d'argent oblige. Mes parents ayant décidé que l'argent de mon compte à ouvrir à 18 ans serait ce cadeau.  Alors que, pour ma part, cet argent m'a toujours appartenu. Ce n'est pas d'envie de cadeau que j'aurai voulu cette année. C'est d'un peu de magie, un peu de temps avec eux maintenant qu'on n'a plus la boulangerie. Mais mon père nous à envoyé un message dans la matinée, ses patrons ( qui soit dit en passant ne la payent évidemment pas ) refusent de la lâcher avant 17h. Ce soir, c'est réveillon chez grand mère, parmi des oncles alcooliques, des tantes dépressives, des grands parents toujours de mauvaise humaine. Une année de plus, je vais compter les heures en attendant que tout ca se termine. Pour recommencer chez mamie demain. Et que tout soit enfin terminé.

Je souhaite tout de même de bonnes fêtes de fin d'années à tous ceux qui y croient et qui y voient de la magie et de l'amusement. Et bon courage à tous ceux pour qui, comme moi, c'est un supplice.

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Samedi 26 novembre 2011. Pas cool.

26 novembre 2011
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J'ai pleuré toute l'après midi. La porte qui claque. Le bois qui craque dans le poêle. Le pied qui frotte dans le chausson. Le pied qui claque contre l'escalier. L'eau qui boue dans la bouilloire. Le mal de ventre. Le chien qui aboie. Je me sens couler. Je panique. J'ai eu tout pile la moyenne au dernier devoir qui partage ma note en quatre. 2,5/5. En ayant bosser trois jours plein, sans pause. C'était pas assez. A mon goût. Je suis rentrée ce week end. Le prochain, c'est mardi. Et lundi dans une semaine, ce sera l'anglais. J'arrive pas a bosser. Je panique et je coule.
Quand je rentre y'a jamais personne. J'ai passé l'après midi à pleurer dans le canapé devant les émissions de M6.  Seule. Mon frère est partie voir sa copine. Mes parents dorment. J'ai pas d'ami. Plus ici. Plus de nouvelles. Plus nulle part. Plus rien.
C'est pas fait pour tout le monde, la fac. C'est simple, qu'on m'a dit. J'ai juste a mettre les chances de mon côté. Mais moi j'arrive pas, j'arrive pas a avaler du par coeur et à le dégueuler sur un feuille blanche. J'arrive pas a me dire que ça peut le faire, alors que tout repose sur une note. T'as cas te réorienter, qu'on m'a dit. Sauf que c'est ça que je veux faire.
J'ai pleuré toute l'après midi. J'ai perdue du temps de ma vie. Je me sens faible. J'y arrive pas. Et c'est simple pour tout le monde sauf pour moi. Papa m'a fait remarquer qu'il préfèrerait que je travaille moins quand je rentre. Je suis dépassée.

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Vendredi 11 novembre 2011. Vendu du rêve.

11 novembre 2011
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Je ne me souviens pas de tous les détails. L'excitation me fait le même effet que l'alcool, j'ai tendance à oublier.  Je ne sais pas ce qui nous amenées à faire ce qu'on a fait. Je me souviens d'une grande salle, d'un planché marron reluisant, de longues tables, de juges, de chaises entassées dans un coin, d'une loge brillante comme une étoile. Elle était là. " Tu me manques quand t'es pas là " j'ai dit . Elle a sourit. Ce rictus qu'ont ce genre de fille, qui dit " je sais " et qui vous embobine. Je suis tombée dedans.
Mes bras la serraient alors qu'elle me tournait le dos, ma tête posée sur le derrière de ses épaules. On fait a peu près la même taille. Elle ne me parait pas être si jeune. Pourtant elle l'est. Elle a l'âge de mon frère. Ca n'est pas possible elle et moi. Tant de choses nous éloigne.
Il me semble que les juges sont pour moi. Mon tour ne tardera pas. " C'est pas bien.. Ma tenue ? ", elle me scrute et ça me fait douter. Elle s'en va puis revient en tirant une garde robe remplie de magnifiques robes. Elle me tend une robe rose pâle, robe de bal, robe de créateur. Je la regarde. J'aime pas le rose. J'essaye. Elle me sourit. Elle me va bien. C'est mieux que mon noir habituel.  Elle s'approche de moi. Je lui dis de ne pas faire de bruit. Elle se penche. M'embrasse. M'enlace. Puis je ne me souviens pas mais je connais les grandes lignes.
Blanc. Je me retrouve derrière les chaises de la grande salle. Elle est là. Elle les enlève. Je lui dis d'arrêter. On va me voir. Je veux qu'elle me serre contre elle. Elle me dit que je peux le faire. J'ai juste besoin d'elle. J'ai juste envie d'elle. Que le temps s'arrête et qu'elle m'aime. Mais je sais qu'elle ne m'aime pas. Je sais que tout ça n'est qu'éphémère, que tout va s'arrêter très vite, puis elle m'oubliera.  Mais là, maintenant, j'aimerai que tout s'arrête et qu'elle me serre contre elle.

Ce matin, quand je me suis réveillée, j'étais reposée. Rien n'a existé, et c'est pas plus mal. C'est le bazar dans ma tête. Quand je ne rêve pas d'elle je rêve de lapin au bonnet. Elle lui ressemble tellement. Je pense encore à elle alors que ça fait une belle année qu'on ne se parle plus. Quelque chose n'est pas réglé. J'ai pas eu d'explications.

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Samedi 5 novembre 2011. Ignorante parenthèse.

5 novembre 2011
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J'ai essayé de prendre du recul, de me dire que t'avais rien dans le citron, que c'était ta manipulation qui te montait au cerveau. J'ai essayé d'être en colère contre toi. J'ai essayé de ruminer dans mon coin ton insolence et ta bêtise. J'ai essayé de me dire qu'être publiée à ton nom sur un réseau social n'était pas une humiliation, mais de la jalousie de ta part, une envie de rivaliser. Parce que tu as perdu. T'as perdu ce qui pour toi était une espèce de guerre entre adolescentes, et t'as pas pris le temps de grandir, trop occupée à ruminer tes échecs. T'as perdu le fil du triangle amoureux que tu as instauré il y a des années déjà, petite dictatrice que tu voudrais être.
" Cette phrase ne venait pas de moi ". C'est sur que dit entre deux fracas d'engueulades de mômes j'allais vraiment te croire. Je sais ce que tu es capable d'écrire. J'ai une boite rosâtre remplie de mots que tu m'envoyais. Écriture arrondie et colorée de jeune fille superficielle qui se fond dans la masse mais ayant besoin de plaire et d'être vue. Je pourrais, comme tu l'as fait, publier sur des sites dégradants toutes ces lettres d'enfants que tu m'écrivais il fut un temps pour, à mon tour, te tirer dans le dos et te montrer aux yeux de tous sous ton vrai jour. Je sais ce que tu es capable d'écrire tout comme je sais ce que j'écris. Et si tu as tant besoin de savoir ce que j'écris de toi, saches que tu es tour à tour dans mes histoires une vipère au venin mortel, la mort dans toute sa splendeur, la fin d'amours passionnels, le mutisme d'enfants malheureux, le vent qui emporte le bonheur dans ses souffles, le diable en personne, la haine, les larmes et les cris, des photos déchirées, des rires meurtris... Tu n'est et ne sera jamais dans mes songes la princesse malheureuses dont je serai la sorcière.
Je me dis, aujourd'hui, avec un peu de temps et de distance que si tu m'as publiée sur ton mûr c'était par simple jalousie de te part. Un mélange d'envie qu'elle te voit comme elle m'a toujours vu, d'envie que les regards soient, une fois encore, tournés vers toi. Parce que tu savais que tu pouvais tout me prendre, venant de toi, plus rien ne me toucherait. Tout comme tu savais que tirer mes textes à ton profit m'achèverait comme une lame en plein cœur. Sotte que tu es. J'ai grandit, moi. J'ai tiré des leçons des erreurs et des amours du passé. De tes multiples manipulations, de tes belles paroles, de tes faux pleurs, de tes explosions de colères. Tu as cru m'achever mais je me suis relevée, parce que je ne suis pas aussi désespérée que tu l'es. Je sais, moi, vivre sans pomper le bonheur des autres, m'en construire un, toute seule. Je sais, moi, avancer dans la pénombre de ce que sera le futur sans avoir à achever ceux qui ont marché à mes côtés.
Alors prend, ignorante gamine que tu es, prend tout mes textes si tu les veux, prend tout mes amours si tu les désires, tire à ton profit tout ce que j'ai, je suis et ce que tu voudrais avoir et être. Pleure, pleure de rire en me lisant autant de fois que cela puisse te chanter.  Copie/colle ces mots à tous ceux qui te servent d'amis, pauvres qu'ils sont d'ignorer que derrière leurs dos tu prends plaisir à cracher ton venin. Fais donc. C'est d'une horrible sympathie que je te remercierais de me faire autant de publicité, de me tirer vers la gloire quelle qu'elle soit. Fais donc.
Ce n'est pas toi qui m'achèvera. Ce n'est ni tes mots ni ta bêtise. Ni ta colère ni ton ignorance. Ni ta comédie ni ta folie. J'ai résisté aux insultes de ta sœur dans les couloirs d'un lycée immonde, j'ai résisté à tes interdictions et tes menaces, j'ai su m'entourer de gens qui te haïssait à ta juste valeur pour pouvoir me relever à chacun de tes coups bas. Tu ne m'auras pas, tu ne m'auras plus.
J'ai, au final, ce que j'aurai toujours dû avoir mais que tu as, vainement, tenter de m'enlever pour te les approprier, pensant sans doute les mériter ou afin de te sentir vivre. L'amitié et l'amour les plus pures qu'un être humain puisse désirer. Et je suis, au final, là où tu ne seras jamais, dans l' excellence de la véritable vie, pas celle que l'on s'invente ou que l'on recopie, celle qui nous appartient, que l'on construit sois même quand on est différent. Ni superficielle, ni banale.
Et il est là l'esprit familial qui nous lie et dont tu parlais. Dans la petitesse de ma réponse à une guerre que je voudrais te voir mener seule et aux coups bas que je devrais ignorer. Beaucoup, à tort, jugerons mes mots comme une jalousie retournée à ton égard. Laissons les parler, que voudrais je de ton absence d'amour propre, ta jalousie, ton ignorance et ta manipulation ?
Elle est aussi là la petitesse, dans le risque que je prend de la perdre à nouveau parce que tu ne supportes pas d'être dénigrée.
Mais rien ne peut remplacer ma jouissance à imaginer la tête que tu peux faire derrière ton écran. J'imagine bien la rougeur de ton visage et le rictus qui s'y dessine.
Parce que je suis une enfant qui savoure froidement sa vengeance.

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Dimanche 30 octobre. Joyeux Halloween.

30 octobre 2011
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J'y retourne mardi. J'ai comme la sensation de retourner vers le bagne. De retourner à la guerre après une permission. Faut sans cesse se battre. Paraître. Je ne me sens pas chez moi là bas. Je ne me sens pas moi là bas. C'est comme une sensation qu'il n'y a qu'une chose qui ne va pas, qu'une chose qui entrave mon bonheur, un petite choses...Mais je ne sais pas quoi...
Beaucoup rentrent lundi. Demain. Comme si ces quelques jours n'avaient pas déjà été assez court... Les vacances sont finies, et j'ai passé mes vacances a bosser. C'est tout une organisation. Difficile.
Je ferai bien comme certains. Ne plus y retourner. Mais ça ne me ressemble pas de baisser les bras. Je veux toujours être la première. Être la plus belle, la plus intelligente, la plus maligne, la plus fortiche, la plus chanceuse... Je ne dis pas que je le suis.
J'ai eu de nouvelles de personnes cette semaine. J'ai pas vu grand monde en somme. Ça me démoralise. Je me déprime d'être aussi seule. Faut dire que je l'ai cherché pendant longtemps. A l'heure où les gens normaux se font des amis, moi, je les fuyait. Aujourd'hui, j'aimerai me sentir moins seule. Évidemment, les gens sur qui je me repose me fuient.  J'arrive pas à faire confiance à grand monde. Et c'est de plus en plus difficile.
En amour, y a t-il toujours une personne qui aime plus que l'autre ? Est-ce obligé ? S'en rend t-on toujours compte ? Comment doit on faire ?
Les choses sont elles toujours aussi compliquées ? Je comprend pas toujours le monde qui m'entoure . Je fonctionne différemment. Je ne vois pas les choses de la même manière que la plupart des gens, je ne suis pas la plupart des gens.
J'y retourne mardi. J'ai l'impression de courir au bagne. Étrangement, ce qui devrait me ravir m'effraie et ce qui devrait m'effrayer ou être banal me ravie.  Je voudrais fuir ces sensations étranges en moi. Ce corps. Ce n'est pas moi. Je ne suis pas moi. Comment sait on que l'on est sois ?
Le frangin s'est blessé au rugby. J'ai pas eu peur quand il m'a appelé pour que quelqu'un daigne aller le chercher aux urgences. Au son de sa voix j'ai compris que ce n'était pas grave.
J'ai passé des vacances pourries.
Demain c'est Halloween. J'ai décoré mon jardin avec les restes de décoration de vitrine de maman. J'ai jamais fait Halloween. Je me serais bien déguiser en la maman de la famille Adams pour aller frapper aux portes des gens mes petits sur les épaules. Maman a dit que j'avais passé l'âge. Pas dans mon monde. Seulement le monde réel n'est pas mon monde. Je ne ferai jamais Halloween. C'est une des simples choses que je regretterai en mourant.
Comment serait je une jeune femme normale puisque je n'étais déjà pas une enfant normale ?
Noël approche à grand pas. Je voudrais qu'on m'offre les playmobils dont je rêvais secrètement avant chaque Noël et que l'on ne m'offrait pas, c'était des jouets de garçon. Je suis une fille. Suis je une fille ?  Comment sait-on ?
Je n'ai pas d'ami. Je n'ai pas de vie. Je ne suis pas à l'aise. Ni dans ma tête ni dans mon corps. Mais je ne me sens pas mal. Juste un peu loin des autres êtres humains.
J'y retourne mardi. Supporter ma voisine qui gueule en russe jusqu'à pas d'heure. Supporter la flexibilité de l'ennuie de certain cours. Supporter la tendresse de l'amour qu'on m'apporte. Supporter le silence des heures passées avoir moi même. Supporter cet ailleurs qui n'est pas chez moi.

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Vendredi 7 octobre 2011. Dans certains pays, vendredi c’est le milieu de la semaine.

7 octobre 2011
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Je voulais poster un article en milieu de semaine pour vous apprendre la nouvelle, et quelle nouvelle, mais impossible d'attraper un ordinateur à la fac cette semaine ne serait-ce que cinq minutes ! C'est incroyable.
Et finalement ce n'est pas plus mal puisque au final j'ai deux nouvelles. Je me rend compte que je me met à vous écrire lecteurs/lectrices, plutôt que d'écrire tout court et il va falloir que j'en perde assez vite l'habitude.

J'étais tellement paniquée que je ne me souviens plus de ce que j'ai fait. Il a conclut par un " c'est pas grave mademoiselle, soufflez, ramenez nous à la DDE ". Vingt minutes sur les trente-cinq initiales avec des erreurs dues à la panique, je me suis dit que c'était mort. Il est partit en trombe, visiblement pressé de rentrer chez lui. Ma monitrice n'avait remarqué aucune erreur éliminatoire, rien d'autre que des étourderies dues au stress. J'ai fumé une clope, en fait j'en ai fumé beaucoup pendant le week end. J'ai ruminé. J'ai essayé de travailler. Je suis rentrée à Rennes et me suis postée devant la boite aux lettres lundi matin. J'étais levée à sept erreurs alors  que je n'avais cours qu'en début d'après midi, et que le facteur ne passe jamais avant midi. J'ai tourné, viré, retourné, fait cent fois le tour de mes 17m². A onze heures j'étais sur le pas de la porte. A midi quinze le facteur était là. " Je n'ai pas de courrier pour vous mademoiselle ". J'ai appelé l'auto-école, de plus en plus paniquée, " Ce n'est pas très professionnel de sa part, mais puisqu'il était pressé de rentrer, il a dû posté la réponse que samedi,  tu l'auras demain, changes toi les idées. Je t'appelle à neuf heure et demi demain". Facile à dire. Je me suis remise à ruminer, à tourner et virer. Mardi. Mon réveil sonne à neuf heure. J'attends. J'attends. J'attends encore ( non je n'avais encore pas cours ). J'attends toujours. Dix heure. Je vibre. Je décroche. " Mélanie ? " Oui c'était moi, alors, alors. Je tremble. " Je suis triste ". Je l'ai pas. " Je ne t'aurai plus en cours ". Je l'ai ? Je l'ai. J'ai une boule dans la gorge. Je crois que je vais pleurer.
Première nouvelle. J'ai mon permis.

Mon train était censé arrivé en gare de Guingamps à dix heures et demi. Je fut étonnée qu'il n'ait qu'un quart d'heure de retard. Le trajet fut épuisant. Devant moi, une vieille a passé les deux heures qu'on durées le voyage au téléphone à piailler sur le fait que son train avait été annulé. Je précise qu'il y a des plates formes spécialement pour les gens qui téléphone afin de ne pas déranger les autres usagés. C'est aussi ce que lui a précisé le contrôleur... Cinq minutes avant l'arrêt du train en gare de Guingamps.  Je suis arrivée, toute heureuse de voir mes parents et de les entendre me féliciter encore une fois. On marche vers le fond du parking, de plus en plus heureuse de leur montrer mon permis provisoire où la mention " favorable " est entourée et mes points. Je m'arrête face à une voiture, faisant remarquer à ma mère que la personne à les mêmes cousins-peluches que ceux qui se trouvent sur mon canapé. " Oh regarde ! Les feux sont tunner " ajoute mon père. C'est vrai qu'elle est chouette cette petite bagnole. " C'est une comme ça qu'il te faudrait pour démarrer". Oui, je suis d'accord, une petite voiturette tranquille. Mon frère s'avance vers moi, me tend les clefs " Faudrait peut être l'essayer".
Deuxième nouvelle. J'ai une voiture.
Quelle fut ma surprise. Pour tout vous dire c'est la dernière chose que j'aurai imaginé. Mes parents sont, en ce moment, dans une telle merde financière, que je ne pensais pas qu'ils m'offriraient une voiture de si tôt. Mon père n'en ayant pas lui même pour se rendre au travail et devant emprunter la vieille Renaud automatique de mon papy. Je ne m'estimais pas prioritaire. Deux grosses larmes de bonheur ont coulées sur mes joues.

J'ai mon bac. 18 ans. Mon permis. Une copine. Un appart'. Des études. Une voiture.
C'est ça la vraie vie. La vraie de vraie avec laquelle je vous ai bassinée depuis des mois.
C'est ça la vraie vie.

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Dimanche 2 octobre 2011. Six fois six mois.

2 octobre 2011
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Le premier octobre d'il y a trois ans, c'était un mercredi. Je me souviens que j'avais été voir mon arrière grand mère à l'hôpital. Je ne pensais pas que tout irai si rapidement. Elle y était déjà allée. On nous avait dit qu'elle ne passerait pas Noël 2007. La preuve que ce que disent les médecins n'est pas toujours vrai.  Cette fois on ne nous à rien dit, on ne nous à pas préparés. Je suis rentrée dans cette chambre blanche et l'odeur y était atroce. L'odeur de la mort est acide, elle vous prend dans la gorge. J'avais écrit quelque chose qui décrivait bien ce que j'avais ressenti, quelques mois plus tard :

" 6 Mois que tu n'es plus là
Tu m'as laissé avec répugnance
Seule dans mon errance.
Et oui, 6 mois, déjà.
Il passe bien vite, le temps,
Ou alors bien trop lentement...
6 mois dans quelques jours
Que j'erre entre ces murs
D'où se détache une verdâtre peinture...
6 mois où mon amour
Est tombé dans les abîmes
De ce qu'on a appelé les rimes.

Quand l'inspiration se pointe au beau milieu d'un DS ça donne ça... Ca fera 6 mois jeudi pour être exacte. Ca tombe un jeudi... A 18h10... Je me souviendrais toujours, demain ça fera 6 mois que j'ai sentis l'odeur de la mort. Car oui la mort a une odeur, comment la décrire ? Elle vous perce, elle vous hante, elle vous berce... Elle est encrée dans mes narines depuis ce 1 octobre... Jeudi 6 mois, maman était rentrée dans ma chambre en pleur, mon exercice de d'italien a moitié entamé, je ne l'ai finis que bien plus tard. Ses larmes coulaient sur ses joues, si je vous disais que je n'avais pas vu ma mère en pleur depuis la fois où papa était au téléphone avec mamie et que maman est descendu des escaliers en pleurant et en criant... Qu'elle est remontée faire ses " bagages " et qu'elle m'a dit " Il va falloir que tu choisisses ton camps". Là n'est pas le sujet, c'était la seule fois où je l'avais vu pleurer, et je devais avoir 5 ans... Peut être moins. Entre 3 et 8... C'était au vieux bourg. Passons, elle est entrée dans ma chambre, sa voix ne cessera de raisonner dans ma tête " Mélanie. Marraine est morte." Quelque peu cru comme expression mais malheureusement tellement vrai. Je l'ai prise dans mes bras. Je ne réalisais pas. Quelque peu gauche. Elle a fermer la porte, m'a demander si j'irai la voir. Non. Non. ! Je me suis assise sur mon lit " je ne la reverrais plus" C'est horrible comme pensé... Mes larmes se sont mise a coulé. J'ai envoyé un sms a Fanny " elle est morte ". Je ne cesserai jamais de la remercier pour la présence qu'elle m'a apportée. Mais tout était déjà trop compliqué entre elle et moi. Je n'oublierais jamais l'odeur de ses bras, calme toi, calme toi... Je suis descendu maman pleurais encore, " je le savais maman, je vous l'ai dit hier". Dans ces circonstances on me pardonnera les choses complètement débiles que j'ai pu dire. Ce soir là je n'ai rien mangé. Excuse moi marraine d'avoir refuser de te voir sans vie sur ce lit, dans cette chambre dans laquelle je ne rentrerais plus jamais. D'avoir refuser en 6 mois de temps de venir au cimetière. Je n'en ai ni la force ni le courage. Je n'ai aucune envie de verser des larmes. Tu ne l'aurais pas voulu. Tu as vécu 84 ans... C'est beaucoup.
6 mois c'est énorme. Tellement de chose ce sont passé en 6 mois. Ce jour du 2 octobre restera un jour rempli en émotion, que je n'oublierais jamais. La plus grande et la moins bonne restera sa perte. Les jours passent et les larmes ne cessent plus. Il me manquera toujours quelque chose, et ce sera son amour, sa présence.
[...]

Hier ça faisait six mois que tu m'as quittée. Je compte jusqu'aux jours. Jusqu'aux heures. Aux secondes interminables de cette triste vie. Comme j'aimerais te voir. Au lycée il y avait une marche funèbre. Quelque peu déplacer vu les circonstances. Je reste dans le droit chemin les yeux fixé vers l'horizon. Chaque centimètre de ma peau me brule intensément. Je n'arrive plus a respirer. Si tu savais... Nainaine si tu savais comme tu me manques. Je revois encore et encore ta silhouette assise en dessous de la télé. Cette chambre d'hôpital. Cette odeur de mort. J'ai besoin d'entendre ta voix, que tu me demandes comment ça se passe a l'école. Nainaine l'année prochaine j'irai en première. J'ai tellement peur, je laisse absolument tout derrière moi."

Je n'ai plus beaucoup écrit de poèmes après ça. De nombreuses proses seulement. Mes dernières rimes remontent à Marraine. Trois ans.
Aujourd'hui ça fait trois ans et la douleur ne s'est pas atténuée.  Parrain à prit la place de sa femme au bout de la grande table. J'ai systématiquement sa montre au tour du cou. Et j'y pense chaque jour. Parrain aura 95 ans en janvier. Lui non plus n'est pas éternelle.  J'appréhende le jour où il partira, je me dis que ça pourrait être aujourd'hui, là, maintenant, tout de suite...  J'appréhende le jour où il faudra que je rentre de Rennes pour l'enterrer. J'appréhende que ce soit pendant les partiels, ne pas pouvoir être là.
Je suis allée au cimetière pour la première fois il n'y a que quelques semaines, courant aout. Je n'y étais plus allée depuis que cette boite en bois l'avait attirée sous terre. Je voudrais qu'on m'incinère. Qu'on jette mes cendres à la mer où au vent. Quelque part au dessus du granit rose de ma région. Qu'on me laisse vivre intensément. Hanter les pauvres gens. J'y suis allée parce qu'il était temps. J'avais peur qu'elle pense que je n'en avais rien à faire. J'aime les cimetières pourtant. Mais pas pour rendre visite à des gens que j'ai connu. J'aime les trucs glauque seulement quand ils ne me concernent pas.
Hier, je suis allée voir mon frère jouer au Rugby. Dans l'équipe inverse un mec s'est blessé. On voyait sa rotule sortir, c'était déboité, impressionnant, j'ai adoré. On m'a dit que j'étais cruelle. Sans doute, au fond. J'aime quand ça fait mal. Les moments où on se sent vivant. Pas ceux où on se sent mourir. Mais le pauvre gamin, une quinzaine d'année, j'avais quand même mal pour lui.
Alors voilà. J'avais prévu de publier quelque chose en milieu de semaine, je ne pensais pas vouloir écrire. Mais ça vient plus tôt que prévu. J'écrirais quand même en milieu de semaine, j'ai quelque chose à vous dire, enfin j'espère que j'aurai quelque chose à vous dire, sinon je vous laisserai patienter quelques mois.
Bonne semaine à vous.
Profitez de vos vies lecteurs, lectrices.

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